L’apprentissage, un investissement pour l’avenir

Métropole nantaise

Résumé du contenu

Une porte d'entrée vers l'emploi et un vrai soutien pour le filières.

Jean Ayreault, apprenti et Cyril Kouzoubachian, directeur de la JVMA.

Mis à mal par la récente baisse drastique de l’aide de l’État aux Régions, l’apprentissage est pourtant un moyen essentiel pour attirer des jeunes vers des filières et des métiers qui recrutent, comme dans l’Industrie. Nantes Métropole Entreprises est allé à la rencontre de Cyril Kouzoubachian, directeur de la Jules Verne Manufacturing Academy (JVMA) qui défend le nécessaire engagement des entreprises et des écosystèmes pour l’apprentissage et de Jean, apprenti à la JVMA.

Un vrai plus aussi bien pour les jeunes que pour les entreprises

Usine école 4.0 et centre de ressources avec une ligne de production équipée des technologies de l’industrie du futur, la Jules Verne Manufacturing Academy (JVMA) accueille des entreprises en séminaire ou en journée technique, des scolaires en sessions découverte, mais surtout beaucoup de jeunes en apprentissage dans des centres de formation du territoire. Trois jeunes suivent également leur apprentissage en interne, directement sur le site. « Nous proposons un véritable parcours de montée en compétences qui permet aux jeunes d’affiner leurs objectifs et leur parcours professionnel », insiste Cyril Kouzoubachian, directeur de la JVMA. Pour lui, l’apprentissage est un vrai plus, aussi bien pour les jeunes que pour les entreprises. « Nous voyons tout de suite la différence entre un jeune qui n’a pas d’expérience en entreprise et un autre qui est en apprentissage. L’apprentissage permet d’acquérir un socle de connaissances plus large et de monter en compétences. Il permet aussi de gagner en maturité – et donc en employabilité, d’élargir son réseau professionnel et d’apprendre les codes de la vie en entreprise. »

Affiner ses envies professionnelles


Après un bac pro en communication visuelle, Jean a pris un virage à 180 degrés. « J’ai senti que je n’allais pas aller jusqu’au bout et j’ai décidé de m’orienter vers autre chose. » On est en 2017 et le jeune homme se lance dans un bac pro Eleec (Electrotechnique Energie Equipements Communicants) qui le forme aux métiers de l’électricité. Il enchaine avec un BTS électrotechnique, mais là encore, sa petite alarme interne retentit. «  Je sentais que ça ne m’intéressait pas plus que ça ». Jean décide alors de travailler. Pendant 4 ans, il va être technicien de maintenance dans une usine agroalimentaire. « Cette expérience m’a permis d’élargir mes connaissances au-delà de l’électricité et de me former dans d’autres domaines comme la mécanique, la robotique et même un peu de chaudronnerie. Elle m’a également permis d’affiner mes envies professionnelles. Je savais que les métiers de l’industrie et notamment la maintenance améliorative me séduisaient vraiment. » Jean reprend alors un cycle d’études. Un BTS conception et réalisation de systèmes automatiques (CRSA) à la Fab’Academy de Bouguenais, une licence Conception et Amélioration de Processus et Procédés Industriels (Cappi) à la Fab’Academy de la Roche-sur-Yon, puis un Master Interdisciplinaire des Technologies Innovantes (Iti) à l’IUT de Nantes.

« Je savais ce que je voulais apprendre, mais je ne savais ce que je voulais faire comme métier »

Tout au long de cette reprise d’études, Jean est en contrat d’apprentissage à la JVMA. «  J’ai besoin de cette approche terrain, d’interagir avec les choses, sourit le jeune homme. Manipuler un robot, ce n’est pas la même chose que de le voir fonctionner en vidéo ou d’avoir un cours théorique dessus, et puis c’est un bon moyen de connaître le monde de l’entreprise et de s’y préparer ». Jean aime aussi le rythme de l’alternance, avec un temps en formation et un autre en entreprise : « Cela permet d’être réactif. Une idée évoquée de façon théorique trouve son application concrète quelques semaines plus tard et à l’inverse, un point de blocage sur le terrain peut rapidement se démêler en cours ». Jean souligne également la richesse des interactions puisque chaque élève est dans une entreprise différente et peut ainsi partager des pratiques ou des connaissances différentes. Aujourd’hui, à 26 ans, Jean est plus serein sur son avenir professionnel. « Je savais ce que je voulais apprendre, mais je ne savais ce que je voulais faire comme métier. Grâce à mon parcours au sein de la JVMA, j’ai découvert ce qui m’anime vraiment. » À 26 ans, Jean veut s’orienter vers l’enseignement. « J’ai envie de transmettre mes compétences, d’emmener les autres vers de nouveaux savoir-faire et de partager ma curiosité. »

Un engagement RH qui vient nourrir les écosystèmes en jeunes talents

Cyril Kouzoubachian reconnaît que pour les entreprises, accueillir une ou un jeune en alternance, c’est « un vrai engagement RH ». Pour le directeur de la JVMA, « cela ne sert à rien de prendre une apprentie ou un apprenti si on n’est pas en mesure de le faire dans de bonnes conditions. » Mais, une fois cet engagement pris, c’est une vraie valeur ajoutée. «Vous faîtes monter une ou un jeune en compétences et à la clé, vous avez la possibilité d’embaucher quelqu’un qui connaît bien l’entreprise. Et s’il n’y a pas d’embauche à la fin, c’est un excellent levier pour faire découvrir son activité, ses métiers et capter les futurs talents dans une filière. En interne, avoir une apprentie ou un apprenti vient valoriser les collaborateurs qui partagent leurs connaissances et leurs savoir-faire. C’est aussi un moyen de rester en lien avec son époque : les nouvelles générations et leur rapport au travail & à l’entreprise ont également quelque chose à apporter.» Au-delà des bénéfices pour l’entreprise, Cyril Kouzoubachian insiste sur la valeur ajoutée pour les filières. « En formant des jeunes, chacun alimente son propre écosystème. Investir dans l’apprentissage, c’est investir dans l’avenir, n’oublions-pas que le jeune d’aujourd’hui est le salarié confirmé de demain ! »

Un territoire engagé pour l’apprentissage

Si vous souhaitez recruter en contrat d’apprentissage, plusieurs acteurs locaux, comme la CCI Nantes Saint-Nazaire, la CMA, ou les centres de formation (Fab’Academy, La Joliverie, Nantes Université, Saint Félix La salle, etc. ) peuvent vous accompagner. Depuis plusieurs années, la plateforme RSE de la métropole nantaise travaille sur la structuration d’un réseau d’« entreprises accueillantes ». Il permet aux entreprises de s’engager à contribuer à un meilleur accès à l’emploi, à l’égalité des chances, la diversité, l’action contre toute forme de discrimination.







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