Femmes entrepreneures : Julia Bourlier fondatrice de l’Atelier La Fabrique d’Arakné, tisse sa toile dans le textile responsable

Métropole nantaise

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Julia Bourlier mise sur le collectif et la qualité pour produire du Made in France responsable.

Une partie du collectif de La Fabrique d'Arakné

La Fabrique d’Arakné est un collectif de modélistes, costumières et couturières, installé quartier Canclaux à Nantes qui produit des petites quantités. À la fois fabriquant, bureau d’études mais aussi laboratoire, l’atelier incubé par les Ecossolies et soutenu par Nantes Métropole et la Samoa accompagne les petits créateurs, travaille sur le réemploi et le spectacle vivant. Il propose aussi des ateliers d’initiation pour les entreprises. Nantes Métropole Entreprises a rencontré Julia Bourlier, costumière de métier, rompue à tous les savoir-faire de la couture et fondatrice de l’atelier.


Quel est votre parcours ?

« J’ai rapidement su que j’étais plus faite pour un travail manuel et la couture m’a attiré très tôt. C’est un domaine qui est relié à plein de choses et comme je voulais devenir costumière dans le monde du spectacle, c’est la voie que j’ai choisi. J’ai fait un BEP Vêtements sur mesure, puis un Bac pro Artisanat et métiers d’art et enfin un diplôme des métiers d’art (NDLR : DMA, aujourd’hui DMADE pour métiers d’art et du design) costumier. Ensuite, j’ai travaillé pendant 20 ans sur Paris dans le spectacle vivant. En 2009, j’ai eu envie de bouger. J’ai été attirée par Nantes où il semblait y avoir une vraie dynamique autour de la vie associative et de la culture. J’ai travaillé pour le cinéma dans la région. J’étais énormément sollicitée par mon entourage pour faire des petites réparations de coutures. Je me suis dit que ça serait une bonne idée de monter des ateliers pour apprendre aux autres. En 2012, j’ai donc créé l’association Les Cousettes de Nantes. Aujourd’hui nous avons plus de 100 adhérentes et adhérents qui suivent les cours. Parmi eux, des créatrices et de créateurs qui voulaient faire du « made in France », mais qui ne trouvaient pas d’atelier qui pouvait fournir des productions en dessous de 10 000 pièces. J’ai eu envie de proposer une alternative et de réhabiliter les petits ateliers, avec une production bien réelle pour avoir une rentabilité, mais à une petite échelle pour valoriser le travail des couturières et soutenir la création. Le projet a été incubé par les Ecossolies en 2023 et j’ai lancé l’atelier en 2024, notamment grâce à un financement participatif. »

Quelle est votre activité aujourd’hui ?

« Nous sommes fabricants, mais aussi bureau d’études et laboratoire. Les créatrices et les créateurs peuvent tester leur produit. Nous les accompagnons du prototypage jusqu’à la fabrication en petite ou moyenne série. Nous sommes un collectif de 10 personnes – que des femmes – toutes indépendantes. Grâce à la Samoa, nous avons rejoint Nantes Terre de Réemploi. Nous avons collaboré avec Hedj, une entreprise locale qui collecte des textiles usagés et nous sommes actuellement en train de travailler avec Artefacts, une entreprise nantaise qui fait de l’upcycling à partir de matériel outdoor. Avec eux, nous participons à une première mondiale : une expérimentation de la marque Patagonia qui a demandé à Artefact d’upcycler de vieilles combinaisons de pêche. Nous les transformons en tote bag et en tapis de change pour les surfers. Une production de 600 pièces est en cours. Nous avons également travaillé avec le Voyage à Nantes sur la réalisation des costumes de l’installation de Willem de Haan, Place Royale lors de l’édition 2025. Nous avons aussi à cœur de partager nos savoir-faire. Nous avons mis en place trois parcours à destination des entreprises : un atelier autour de l’upcycling, un autre autour de l’artisanat, avec un travail sur le cuir, la laine et la broderie et un dernier plus immersif avec une visite de l’atelier ludique sur le monde de la mode et du textile. La dimension pédagogique est importante pour nous ; c’est important que le public comprenne les enjeux, mais aussi la réalité du made in France. »

Le fait d’être une femme a-t-il été un frein dans votre carrière ?

« Je fais un des métiers qui rassemble sans doute le plus de clichés autour du genre. C’est plus autour du parcours que ça a pu être difficile. C’est un vrai sacrifice personnel de se lancer. Surtout en étant maman. Et puis, je n’avais pas forcément les codes. Passer par les Ecossolies a été salvateur et très formateur, notamment pour mieux appréhender l’économie sociale et solidaire qui souffre encore parfois d’une vision un peu tronquée. Or, et notamment aux Ecossolies, il y a une vraie vision de modèle économique, mais avec une approche différente, plus juste et plus éthique. »

Qu’est ce que les femmes apportent à l’entrepreneuriat ?

« Pour moi il n’y a pas vraiment de différences. C’est plus une question de valeurs que de genre. »

Quels conseils donneriez-vous à des femmes qui voudraient se lancer ?

« Être bien entourée. C’est primordial d’avoir une personne sur qui se reposer. Ça peut être une collaboratrice, un collaborateur, un conjoint ou une coinjointe ou un mentor ou une mentore, mais il ne faut pas être seule. C’est important aussi de choisir avec qui ont veut travailler, de se retrouver autour de valeurs communes. »

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