L’amphithéâtre était plein à craquer ce mardi 28 avril. Une forme de première réponse à la question posée pour cette édition 2026 : « Se transformer seul ou ensemble ? La coopération territoriale comme levier de transition ». Environ 200 personnes ont répondu présentes pour ces nouvelles Rencontres Territoriales des EngagéEs organisées par la Plateforme RSE de Nantes Métropole et ses partenaires à Maubreuil Séminaires sur la commune de Carquefou. Au programme, deux tables rondes autour de la coopération à l’échelle d’un territoire. La première consacrée à la force du collectif local, avec des représentantes et des représentants d’associations d’entreprises et la seconde à l’action collective pour une coopération à impact avec des associations engagées et impliquées localement. La matinée s’est terminée avec la remise des attestations Entreprise Accueillante avec l’Atdec.
Apprendre à coopérer
D’emblée, Ludovic Bertina, directeur adjoint du Collège des transitions sociétales, a donné le ton. « La coopération, ça ne se décrète pas, ça n’est pas inné ni évident. Mais, ça s’apprend. Et le besoin de coopérer est plus que jamais d’actualité, nous avons besoin des autres pour agir. » Car oui, la dynamique collaborative a subi un ralentissement. Le contexte global difficile rendant l’engagement parfois plus compliqué pour les entreprises. Pourtant, l’enjeu est essentiel. Mais, dès lors, comment retrouver cette dynamique ? Pour Florence Touzé-Rieu, Professeure titulaire de la Chaire Impact Positif Audencia-SciencesCom, les entreprises doivent faire « un pas de côté et passer à une logique de territoire. Car c’est à partir de la réalité du terrain qu’on peut voir comment on peut contribuer. Par exemple, une entreprise qui aurait des difficultés à conserver des compétences, pourrait créer une formation qui serait soutenue par la collectivité et opérée par une association locale. » une logique de Responsabilité territoriale de l’entreprise (RTE) qui permet aux entreprises de participer et d’agir en contribuant au bien social d’un territoire.
Créer et cultiver du lien
Parmi les acteurs de la coopération, les réseaux et associations d’entreprises sont en première ligne, ancrés sur leur territoire. « Pour moi ça a toujours été une évidence, je ne vois pas comment on pourrait faire autrement. Dès que les projets se font à l’échelle du territoire ça donne une autre dimension. », a commenté Cyril Kouzoubachian, de l’Association des entreprises de la Chapelle-sur-Erdre (ECE). « Il ne faut pas trop se poser de questions et surtout, ne pas attendre d’être prêt », a insisté Aude Marie Hattab de Saint Saint-Herblain Ouest Entreprises. Pour faciliter la coopération, les associations d’entreprises organisent régulièrement des moments conviviaux pour créer de l’émulation. Petits déjeuners, déjeuners ou afterworks permettent de créer du lien et de libérer la parole. « Il faut trouver le moment propice pour échanger avec les gens, a rappelé Céline Guillet de Nant’Est Entreprises. C’est important pour que les entreprises deviennent actrices du territoire, mais aussi pour cultiver les liens qui se créent. »
Maintenir une dynamique de groupe
C’est un travail de longue haleine. « Il faut du temps pour mettre les choses en place et créer des passerelles et sortir de la logique pure du business, a souligné Cyril Kouzoubachian. Les entreprises qui nous rejoignent ne gagnent rien si ça n’est ce qu’elles amènent. » Un état d’esprit pas toujours facile à intégrer pour des cheffes et des chefs d’entreprise pris dans leur quotidien, mais qui est pourtant bénéfique. « Je me suis rendue compte que plus je m’engageais, plus je récoltais. Si on vient picorer, ça ne fonctionne pas. », a rapporté Céline Guillet. L’engagement reste, comme l’a rappelé Cyril Kouzoubachian, « une affaire personnelle qu’il faut tenir sur le long terme. », mais peut aussi être porté par une dynamique de groupe. « Il faut pouvoir s’appuyer sur une équipe pour maintenir l’engagement, quitte à renouveler régulièrement la gouvernance pour donner une nouvelle impulsion. », a affirmé Aude Marie Hattab.
La coopération comme force d’impact
La coopération et l’engagement des entreprises peuvent avoir un impact direct sur l’environnement, la société, mais aussi sur la santé économique d’un territoire. Lors de la deuxième table ronde de ces Rencontres territoriales des EngagéEs, plusieurs structures et entreprises ont pu partager leur expérience. Notamment Boréal, une entreprise à but d’emploi (EBE) implantée depuis mai 2025 dans le quartier Bottière à Nantes. Construit avec plusieurs acteurs locaux de l’insertion et de l’emploi comme Partage 44, Solidarité Emploi ou l’Atdec, mais aussi en collaboration avec Nant’Est Entreprises et des entreprises du Ranzay ou de Paridis, le projet a permis a 22 personnes de trouver un emploi. « Tout le monde a apporté quelque chose. On se compose avec nos différences, c’est aussi le message que nous passons à nos clients. », a souligné Aurélien Houille, directeur de Boréal.
La Métropole en soutien
En conclusion de cette demi-journée de rencontre, les attestations « entreprises accueillantes » ont été remises à celles et ceux qui ont rejoint ce réseau structuré par la plateforme RSE de Nantes Métropole et l’Atdec Nouvelle fenêtre. Elles sont 145 en 2026. Ce dispositif permet, à travers une démarche volontaire et un engagement de l’ensemble des équipes, de faire découvrir son activité et ses métiers et de parrainer des personnes éloignées de l’emploi. Une forme de coopération et d’engagement soutenue par la Métropole qui entend poursuivre les actions en ce sens. « Notre volonté est d’être aux côté des entreprises du territoire qui participent à la robustesse de la métropole. C’est essentiel de mutualiser les compétences et de jouer la carte de la proximité pour trouver des solutions. », a insisté Anthony Descloziers, maire de Sainte-Luce-sur-Loire et 3e vice président de Nantes Métropole, notamment en charge du développement économique et de la RSE.
Quatre piliers pour coopérer
À travers les différents témoignage et retours d’expérience de ces rencontres, quatre piliers essentiels pour renforcer la coopération territoriale ont été identifiés. Le premier est le lancement d’un projet. Le second, la nécessité d’un solide leadership car une dynamique collective ne se lance pas sans leaders. Le troisième est l’animation, essentielle pour soutenir la dynamique et donner envie au plus grand nombre de participer. La convivialité est le quatrième et dernier pilier important, « l’huile de la coopération », comme l’a souligné Ludovic Bertina.
Résumé du contenu
La coopération est un atout majeur pour poursuivre la transformation des entreprises.